Les cyclistes roulent groupés pour mieux se faire entendre

Samedi 17 mai, l'Association des usagers de la bicyclette a manifesté au centre-ville. Elle demande l'accélération des aménagements de voies cyclables.
"On attend un effet d'accélération. Ce sont les aménagements qui créent la demande : pas d'aménagements, pas de cyclistes, car la demande n'est que latente". Il y a quelques mois dans nos colonnes, Dany Laurent, le président de l'association des usagers de la bicyclette, évoquait l'effet positif que le lancement de Vélocité devait provoquer : les cyclistes en milieu urbain étant de moins en moins considérés comme des gêneurs, mais comme les utilisateurs d'un mode de transport écolo et peu coûteux, il incombait à la Ville de tout mettre en oeuvre pour faciliter leur circulation.
Pour rappeler les élus à leur bon souvenir, les membres de l'AUB se sont rassemblés samedi après-midi devant la mairie, sur l'esplanade des Droits de l'Homme. Les années passées, l'association avait déjà organisé plusieurs manifestations de la sorte, la dernière remontant au 12 mai 2007. Mais ce rendez-vous a permis également à l'association d'enrichir de quelques signatures sa pétition "Pour un réseau cyclable maintenant", qui aurait déjà recueilli environ 3 000 paraphes. Cette pétition devrait prochainement être présentée à Jean-Louis Fousseret, maire et président de l'agglomération, ainsi qu'à Claude Jeannerot, président du conseil général.
"L'AUB est engagée depuis des années dans une concertation qui était auparavant régulière avec la ville de Besançon, informelle et épisodique avec la Communauté d'Agglomération et le Département. Les résultats sont loin d'être négligeables. Mais loin aussi d'être suffisants. Au rythme de 5 km par an sur la ville (soit 2,5 km de linéaire), il faudrait encore plus d'une vingtaine d'années pour la réalisation d'un réseau cyclable", estiment les responsables de l'association. Au-delà, l'AUB regrette la part, trop importante selon elle, accordée au stationnement automobile en voirie par rapport aux cheminements des cyclistes : "Sur la plupart des itinéraires naturels (axes majeurs, pente douce), on bute sur le stationnement créé dans les années 90 et même 2000 : rue de Belfort, rue de Dole, avenue Xavier-Marmier, rue de Chaillot..." Et de déplorer encore l'absence de "liaison aménagée avec une commune de la couronne, sauf Aveney par la Véloroute du Doubs".
Pendant la campagne des municipales, Jean-Louis Fousseret avait rappelé que les voies cyclables avaient plus que doublé en quelques années, passant de 40 à 100 kilomètres. Il avait pris "l'engagement, d'ici 2014, de continuer à développer les pistes et bandes cyclables dans la ville, à raison de 5 kilomètres supplémentaires chaque année". Ce qui ferait 130 kilomètres à la fin du mandat qui vient de commencer.
Mais l'AUB veut donc aller plus loin : "Il faut maintenant accélérer, permettre à ceux qui veulent se déplacer par leurs propres moyens, sans bruit ni pollution, de le faire dans de bonnes conditions. Ils ont de bonnes raisons pour cela : le prix du pétrole, le plaisir de la liberté, la survie de la planète: le vélo est un mode de déplacement économique (pour le particulier, et pour le contribuable), efficace et avantageux pour tous, pour les cyclistes comme pour leurs concitoyens".