Dossier du 10/06/2008 à 16:58
Restaurateurs : les avis divergent...
Christophe Menozzi : il est fan !


Disponible depuis quelques semaines dans les brasseries et restaurants de la ville, la Bisontine pétillante tente de se faire une place parmi ses grandes soeurs, les eaux gazeuses commerciales. Alors que son lancement avait été célébré en grande pompe par les élus de Besançon, visiblement très fiers de leur dernière trouvaille, nous avons voulu interroger les restaurateurs chargés de commercialiser cette eau en leur posant une question toute simple : la Bisontine pétillante est-elle une vraie trouvaille commerciale... ou un simple gadget publicitaire ? Après avoir interrogé plusieurs professionnels, difficile de se faire une opinion tranchée, tant les avis divergent. Il y a ceux qui se font ardents défenseurs de la Bisontine, ceux qui n'y voient pas beaucoup d'intérêt commercial... et ceux qui s'en moquent totalement.
Au rayon des premiers cités, on trouve Christophe Menozzi, propriétaire du restaurant du même nom. Pour lui, pas de doute, on tient là un produit d'avenir : "Nous aurons un véritable retour sur le produit d'ici quelques mois, mais pour le moment les gens sont encore en phase de découverte. Toutefois ils montrent une vraie curiosité, tout le monde veut goûter : nous avons écoulé tout notre stock en cinq jours ! Les étrangers sont surpris par cette initiative qui marque des points pour la ville, mais aussi pour les restaurateurs. Sur les tables de 6 ou 7 personnes, je constate que les gens restent à cette eau tout au long du repas. Ce qui est intéressant d'un point de vue gustatif, c'est qu'il s'agit certes de ce que nous appelons une eau de tuyaux, mais les bulles sont très fines. Elle est très iodée, ce qui est un plus pour rafraîchir".  En bon ambassadeur de l'eau municipale, Christophe Menozzi a joué le jeu à fond : "Nous avons organisé une dégustation en aveugle, et elle s'est de fait bien comportée face aux autres eaux, surtout en ce qui concerne la finesse de ses bulles. Enfin pour nous qui jouons sur les produits de terroir, c'est un plus non négligeable, nous avons là un objet de plus pour promouvoir la qualité de la région. Je dis bravo pour ce projet, et merci pour nous !"
A quelques mètres seulement du restaurant de Christophe Menozzi, c'est un son de cloche totalemet différent que l'on perçoit chez Paolo Youssefi, du restaurant "chez Paolo", place de la Révolution. Le truculent patron au tutoiement facile, la Bisontine pétillante pose plusieurs problèmes. Le prix, tout d'abord : "Je ne sais pas trop ce que va donner la Bisontine, le produit n'est pas encore très au point niveau coût. Il a un coût de revient d'1 euro pour nous, et on ne peut raisonnablement pas la vendre 4 euros, ce qu'il faudrait pour rester dans nos marges !" La qualité de l'eau en elle-même, lui cause également du souci : "Le goût est fade, on a pas la même qualité qu'avec les grandes eaux gazeuse. Les clients la trouvent insipide : passée la première curiosité, ils reviennent aux grandes marques qui ont plus de saveur."
Enfin, dernier problème pour ce patron décidément très critique envers nos bulles municipales, le manque d'ergonomie des bouteilles : "Le côté écolo a été trop poussé, ces bouteilles sont très lourdes et ce n'est pas vraiment pratique quand on doit en transporter plusieurs caisses !"
Pour Paolo, le verdict est donc sans appel... Mais n'allez pas lui dire qu'il n'est jamais content, car quand il s'agit de lui demander ce qu'il ferait pour améliorer le produit, les idées fusent : "Je ne pense pas que ce produit puisse percer sur le marché national, pourtant le concept en soi n'est pas mauvais : il permet de mettre en valeur notre région et de faire connaître notre ville. Mais il aurait fallu faire les choses de façon plus simple. Et pourquoi n'a-t-on pas proposé un meilleur design, avec une étiquette qui rappelle l'histoire de Besançon, et un slogan du genre "L'eau que buvait Louis Pasteur"? Nous avons eu des personnages illustres ici, il faut les utiliser. Il y aurait un message fort à faire passer autour d'Hugo et Pasteur ! Alors aujourd'hui, de deux choses l'une : soit il faut fiabiliser la dimension vente pour pouvoir travailler sur le marché national auquel cas il faut la valoriser, avec une bouteille plus simple et plus pratique, soit arrêter et rester maintenant sur l'aspect marketing. Et il ne faut pas oublier que ce n'est... que de l'eau !"
Que de l'eau, mais une eau qui fait pour principal mérite de... faire parler. D'ailleurs, c'était le véritable but de l'opération : faire parler de Besançon et de la qualité de son eau. De ce point de vue, la Bisontine est une réussite...




B.T., avec notre
correspondant E.D.



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